Rouler au gaz naturel: mes 10 leçons

Depuis quatre ans, je roule au gaz naturel, le CNG. Le méthane offre une combustion plus propre (mais pas miraculeusement, environ 30% de CO2 en moins), sans particules fines, plus économique, sur une installation de série, donc garantie par le constructeur. Sur papier, c’est plutot top.

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Voici toute une série de choses que j’ai apprise après avoir acheté mon véhicule, classées par ordre chronologique depuis mon achat.

  1. Le réservoir (semaine 1) La capacité en CNG sur mon véhicule est faible : 14KG, soit 250 km, en plus de la réserve d’essence classique (60l). Je ne m’étais pas renseigné sur l’autonomie du véhicule à l’achat, pensant profiter de la même logique qu’un véhicule à essence/diesel. D’autres marques offrent de plus grandes réserves. Il est bon de se renseigner avant l’achat.
  2. Les pompes (les semaines qui suivent) Le réseau de DATS, principal distributeur belge, se trouve hors des voies rapides et je dois dévier de ma route principale à chaque plein. Je perd quinze minutes à chaque plein. (et si tu as lu le point 1, ça veut dire…souvent)
  3. Le biométhane (l’été qui a suivi) En route vers le sud,  la Suisse et l’Allemagne produisent et distribuent du biométhane. C’est une version compatible du gaz…encore plus naturelle, puisque qu’il sort du cul des vaches et des porcs. Est-ce que c’est végan de rouler à la merde des animaux?
  4. Plus ou moins de km (le même été) La qualité de « combustion » des gaz distribués dans les stations varient fortement (IPC Indice de Pouvoir Calorifique). Soit 1KG De gaz au Luxembourg ou en Allemagne vous permet de parcourir jusqu’à 20 à 30% de distance en plus que le gaz en Belgique. Les prix sont aussi très variables selon les pays.
  5. La Politique Energétique (les mois qui suivent) Les pays européens n’ont pas la meme vision sur le sujet CNG et donc les infrastructures de distribution sont très inégales. L’Italie, pionnière en la matière, a des nombreuses et vieilles pompes. La France presque rien car mise tout sur le nucléaire. La Wallonie est fidèle à sa vision « Wait and See » ne fait presque rien. La Flandre a un réseau très fourni, via DATS24. Le gaz viendrait de Russie. Juste un peu plus propre disais-je, mais pas miraculeusement.
  6. Compresseur (la première année). Je sais qu’il est possible d’installer un compresseur à domicile, branché au gaz de ville. Je découvre en pratique que la législation régionale en la matière est totalement inadaptée. Je dois introduire un permis d’environnement, et remplir un dossier digne d’installations industrielles, enquêtes publiques. Je suis le premier en Wallonie (selon mon interlocuteur fonctionnaire) à faire une telle demande. L’appareil coûte plusieurs milliers d’euros et un rapide calcul de retour sur investissement me décourage définitivement.
  7. Effet de serre (il y a trois ans) J’apprends que le méthane est un gaz à effets de serre bien plus puissant que le CO2 (environ 30 fois plus). Je panique. Puis je me calme. Ainsi le méthane dans l’athmosphère est catastrophique, mais si il est capté, alors il pousse ma voiture? Faudrait mettre un ingénieur sur le coup.
  8. Appli (il y a deux ans) Je download avec soulagement Pit Point, pour m’aider à identifier le réseau de distribution des énergies cleans à partir de mon smartphone.
  9. Parking (il y a un an) Je peux me garer dans les parkings sous-terrains. J’échappe donc à la restriction du LPG. Avant, ça je trichais, j’ignorais. Je profitais du flou d’information et surtout, personne ne m’a jamais rien demandé.
  10. Controle Technique (il y a un mois) A la premiere visite, je suis refusé. Après l’amusement de voir quatre personnes s’affairer autour de mon véhicule pour qui c’est le premier du genre, je découvre que je n’ai pas « le bon autocollant » sur mon chassis (authentique): mon véhicule est mal homologué (merci FIAT Belgium). Je dois lancer toute une procédure dont je ne suis pas encore quitte à l’heure ou je rédige ces lignes. Je suis également informé que je dois faire controler mes bombonnes dans un centre agréé, tous les quatre ans. Cout 200 Euros.

Morale de toute cette histoire : quand tu es « early adopter » d’une nouveauté, faut assumer que tu vas avoir des surprises. Aucun professionnels du secteur n’est bien informé, du vendeur au garagiste.  De bons sites internet existent et tu pourras ainsi faire la leçon a ton vendeur de voiture. Au regard de ces contraintes, je questionne ma motivation « pourqoi j’ai encore cette voiture? » Parce que j’adore l’idée de rouler un jour à la merde.

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Une réflexion sur “Rouler au gaz naturel: mes 10 leçons

  1. Haha même chose pour moi…. au départ j’étais super emballé à l’idée de rouler au CNG et j’ai fais les mêmes constats. Mes réservoirs (gaz/essence) étaient encore plus petits que le tien. En fait, c’est bien simple, je quittais une pompe et me mettais en route vers une autre pompe…

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