Les 10 apprentissages d’une toilette sèche dans mon jardin

ToiletteSechePhotoBogaertsSuite à des essais réussis de caca dans les copeaux, à des festivals ou en vacances, je me lançai en 2015 dans la réalisation d’un cabanon toilette sèche, près de ma cabane, dans le fond de mon jardin. Voici les dix leçons que je retire de cette aventure qui s’est terminée en 2017, suite à mon déménagement.

  1. Ma merde ne disparaît pas. Et ça m’a apaisé. Elle est là, dans son petit lit de copeaux de bois. Elle a l’air bien installée confortablement. Je la recouvre d’une poignée de morceaux de bois et elle ne part pas. Elle se repose dans mon jardin. Sans virer dans le scatoromantisme, j’éprouve avec le temps, un apaisement. Ces strons que je sors de moi chaque jour ne partent plus dans un système complexe de canalisation vers des monstrueuses machines filtrantes. Mon caca reste près de moi. Et je me sens étrangement apaisé par cette idée.
  2. Mon caca nourrit les plantes. (Pourrait nourrir). J’ai installé un compost et j’y déverse tous les déchets organiques dessus. En deux ans, je n’ai jamais commencé un potager, donc jamais traité cette richesse organique à sa juste valeur. La perspective flatte cependant mon égo : Martin, tu produis du compost par ton derrière ! Tu es un super héros… à 41 ans, quelle révélation !
  3. La vrai merde : nettoyer le bac. Je craignais l’opération caca, les odeurs stagnantes, les mouches, souvenirs de ces atroces feuillées scouts de mon adolescence. Rien de tout cela en réalité, car le pire, c’est de mettre ses gants, de prendre le bac rempli aux deux tiers et d’aller déverser le tout sur le compost. Un jus dégueulasse reste. Ce que je n’ai pas utilisé comme eau est tout de même bien utilisé pour nettoyer. Vingt minutes par mois. Réflexion faite : brosser les WC humide est encore plus humiliant à mes yeux. Deux conseils : avoir un robinet extérieur + faire l’opération par jour de soleil pour bien faire sécher les parois du bac. Les odeurs partent complètement.
  4. ça sent bon ! Les copeaux neutralisent les mauvaises odeurs, je le savais déjà. Dans ta toilette, tu ne sens que l’airwick et le platre, les carrelages et les meubles industriels. Tu sens le bois, l’herbe, le soleil, la pluie, la nature. Quel pied !
  5. Une mini-promenade rituel. En hiver tu cours et t’es crispé, mais le reste de l’année c’est top. En bottes ou a pieds nus, entrer dans mon cabanon, me poser sur le trone et faire caca. Tu entends les chants des oiseaux, le vent dans les feuilles. Installez votre toilette sous un arbre, cela protège des chaleurs d’été. Je n’avais que de très rares mouches.
  6. Une usine à idées. C’est durant ces matins sur mon trone sec que j’ai réalisé que j’avais souvent une idée en pleine opération. Inspiration pour écrire, réflexion sur un projet, idée fantasque… J’étais en train de découvrir le slow shit. Avant, faire caca n’était pas agréable, faut aller vite, c’est une corvée. Petit à petit, en chiant dans les copeaux, j’ai pu prendre un peu plus mon temps. Et les idées furent….
  7. Je chiais dans l’eau. Et potable en plus. Quand tu arrêtes de tirer la chasse, c’est un vrai soulagement d’en finir avec cette ineptie atroce. Chier dans l’eau est humiliant. Nous sommes des êtres terrestres. Nous faire chier dans l’eau est aussi dégradant que de demander à un dauphin de faire caca sur la plage. C’est désagréable.
  8. Un petit chantier. J’ai appris à construire un cabanon, ce qui à mon échelle d’expertise manuelle est un exploit. Plancher, toiture, parois, trone, planche, porte-papier. Cela m’a pris deux journées, tout seul. J’avais l’essentiel des matériaux de récup dans ma grange. En neuf, cela aurait couté 500 euros. Mon seul achat neuf (cher) fut ma planche de WC à 75 euros.
  9. Déconnecté-Reconnecté. Se couper du réseau est complexe pour l’électricité, l’énergie en général, mais pour le caca, c’est tellement SIMPLE : un bac et des copeaux ! Pas de plombier, pas de technique, pas de permis. Et la simplicité fait du bien !
  10. Elle me manque ma toilette sèche. Et le jardin qui allait autour. Je l’avais tellement bien installée que je pouvais ouvrir la porte et personne ne me voyait. Je savourais la vue, prenais le temps.

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