Adieu veau, vache, cochon

Ce qui a changé depuis que je suis devenu végétarien

Si vous mangez de la viande, vous allez probablement soupirer d’exaspération. « Encore un végétarien qui va me faire la leçon ».

J’ai envie de partager quelques événements surprenants qui ont suivi ma décision « végé » il y a bientôt deux ans (trois ? Je ne sais plus).

Voilà plusieurs années que je mangeais de moins en moins de viande. « Du Bio uniquement » ou « quand je suis invité » ou « au restau occasionnellement », « je n’en achète plus ». Vous avez certainement prononcé ou écouté ces phrases de vos amis/famille. Chez moi, cette phase a duré 5 à 10 ans. Et puis, sur un coup de tête, suite à un film, j’ai voulu arrêter complètement. Time. Finito. Basta. Ras-le-bol. Je suis un peu radical, je pète un câble parfois…faut m’excuser.

Qu’est-ce que tu manges, alors ? Pour faire simple, je mange plein de légumes et je « comble » par des protéines d’origine végétale (légumineuses et graines). Oeufs et fromages sont invités. Je mange des petites bêtes de la mer, parfois…rarement. Je me suis mis aux huitres à Noël, genre. Le faux gras, c’est vraiment horrible, soyons honnêtes.

Alors qu’est-ce qui a changé ?

La première chose qui a changé, c’est « comment je me sens après un repas ». Si tu bouffes des frites ou un beignet, tu te sens lourd. Quand j’ai arrêté les repas à viande, j’ai remarqué que je me sentais mieux. Pas « un peu lourd », pas de sensation un peu pesante d’ « être rempli ». Parfois, je mange trop, oui. Mais c’est facile à digérer, les légumes. J’avais ressenti cette légèreté quand j’avais arrêté le lait de vache (pour raisons diétético-médicales). Surprise.

La deuxième chose qui a changé, c’est que j’ai progressivement arrêté de « revendiquer », d’argumenter, de me justifier. Quand on me demande mes motifs, j’invoque un « plus envie de viande » facile, simple. Si je me retrouve dans un temps à la bidoche, genre une brasserie, je commande simplement la salade, ou les pâtes. Si le restaurateur est sympa, je m’amuse à sortir de la carte « Juste des pâtes et quelques légumes ». Un comble: Je sors des menus. J’adore l’impro. Et ce qui va arriver est souvent moins cher que la carte. J’insiste auprès des personnes qui m’invitent. Ne préparez rien de spécial, je n’ai pas besoin de soja, de tofu ou d’insectes qui vont « remplacent » la viande. Des hôtes peuvent parfois insister très longtemps, guidé par l’envie de bien faire et surtout par un principe bien en place « Un vrai repas = un bout de viande », vous connaissez la chanson.

Tertio, je suis inquiet. J’ai l’impression que les gens grossissent autour de moi. Ma mère me dit que j’ai maigri. Ma balance arbitre et clarifie le doute: « Stabilité ». La réalité, c’est que je vois les gens grossir dans mon entourage. C’est terrible. Si si…En deux ans, certains ont attrapé des bedaines de vache. D’autre des culs de cochon. « On devient ce qu’on mange », pas vrai? Moi, je crains de devenir une asperge aux oreilles de choux. C’est grave, docteur?

Ma shortlist de restos a subi un séisme total : Exit brasserie et grill. Mes nouveaux « choux-choux »? Dolma & El Turco à Bruxelles, GreenWay & Via Via à Leuven, pizza et pasta végés sont partout. Wok, asiatique et indiens sont des cultures végés, ils sont faciles à convaincre au cas ou rien n’est prévu au menu.

Oui, ça coute beaucoup moins cher de manger sans viande et poisson.

Oui, je mange des frites à l’huile, mais j’ai des doutes sur ce qu’il y a dans la sauce.

Oui, j’ai arrêté les bonbons aux gélatines de porc. C’est insupportable qu’on gave nos enfants avec des trucs aux os de cochons. Quel délire!

J’avoue…j’ai peur aussi. J’ai récemment souffert de « haut-le-coeur » inattendus et imprévisibles, lorsque j’ouvre une boite de sauce bolo (bio, je précise) pour les enfants. La viande morte me répugne…parfois….je vois de la viande humaine. Quelle différence y a t’il finalement ? Si ce n’est un choix mental…brrr. J’ai peur, vous dis-je.

J’en arrive à la dernière chose qui a changé depuis que je suis devenu végétarien : Les motifs pour lesquelles je suis devenu végétarien ont changé.

L’empreinte écologique lourde de la filière viande ? Oui, certes.

La condition animale ? Oui, mais je n’aime pas Brigitte Bardot.

Je crois que j’ai muté.

C’est arrivé la semaine dernière, sans prévenir. Je regardais un film.

« Noé » de Darren Aronofsky (je suis fan du réalisateur).

Ça a buggé dans ma tête : « Je suis Noé… La création…l’ancien testament. Mon Dieu(!) que m’arrive-til ? »

Je ne suis plus un Homme Darwinien…Je suis descendu de mon échelle, de mon statut « au dessus de la chaine alimentaire » où les agneaux, vaches, cochons et saumons sont mes droits d’ « espèce évoluée ».

Je me retrouve en tête à tête avec le cochon, la vache, le saumon. Le « Peer-to-peer » biologique

Je fais partie de la même espèce intelligente, celle du Vivant. Pourquoi je te boufferais, ami thon, cousin croco ou mémé autruche?

Je n’ai plus « besoin » des fibres animales pour me sentir puissant et fort. Je suis puissant et fort, plein de respect et d’estime vis-à-vis des autres espèces.

Je suis libre, en fait. Je ne suis pas obligé de manger des animaux morts par principe, diktat culturel, promotion au rayon 3+1 gratuit ou presciption médicale bidon. Je me suis évadé de la prison bidoche. Put’…Je suis libre.

Je me sens libre et cette liberté a affiné ma présence, ma puissance, mon lien au vivant. Je me sens clean, juste, serein…

Complètement aligné !


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