Limites à la participation…Nos limites?

Sorti du séminaire sur la participation organisé par EIDOS, j’ai gribouillé cette image caricaturale qui reflète le paradoxe auquel ont été confronté les organisateurs.

EIDOS« Asseyez-vous et écoutez ! »

80 personnes assises en rangées scolaires durant 3 heures est d’autant plus pénible quand il s’agit du thème de la participation.

L’auditoire, preuve d’intelligence collective, venu assister n’a pas manqué la question. « Pourquoi tellement peu de participation dans ce séminaire ? »

S’en suit un débat qui ne laisse personne vraiment satisfait. Une pointe de frustration pour tous.

Cette situation m’amène à 5 autres questions, non pas adressées à EIDOS, mais à chacun d’entre nous, participants ou organisateurs de temps collectifs.

  1. Le plaisir : Loic Blondiaux n’a pas manqué d’enthousiasme sur ce point. Je le rejoins. Le plaisir est à la source et à la conclusion de la participation. Si nous investissons du temps à quelques chose, nous devons en retirer du plaisir. Pensez au plaisir des participants. Favorisez la rencontre et le lien social entre les gens.Est-ce que chaque participant aura le sentiment d’être accueilli ? Qu’est-ce qui est mis en œuvre pour avoir/faire plaisir ?
  2. Le conflit : Avoir l’ambition de faire de la participation, c’est accepter que le conflit devienne une source d’information, une opposition qui pourra enrichir le résultat final.Avons-nous peur du conflit ? Que nous dit cette peur? Est-ce une peur raisonnée ou non ?
  3. L’espace: la disposition de chaises dans un espace a un impact extrêmement fort sur la dynamique d’un groupe. Un cercle, des rangées, un hémisphère ou un café sont autant de dispositifs porteurs de messages. Nous adoptons des permissions ou des limites en fonction de ces codes, par notre éducation, nos référents sociaux, notre imagerie mentale et d’autres éléments plus subtils encore.Quels permissions et limites voulons-nous insuffler dans le groupe ?
  4. Le temps, organisé sous forme d’un programme, influence également nos comportements. Il est de bon ton de remplir un programme, comme une « preuve » de sérieux. Des pauses serrées, des orateurs nombreux, du contenu, de la matière à donner.Sommes-nous prêts à accepter le vide ? Quel crédit donnons-nous à un espace vide ?
  5. Frustration. Il aurait mieux valu de…J’avais pourtant averti que… La prochaine fois, ceci… Que faisons-nous du sentiment de frustration ? On abandonne ? On claque la porte ? On critique ? La frustration est un excellent indicateur que nous avons envie de faire mieux.De cette expérience frustrante, suis-je prêt à « perdre » mon temps à inventer autre chose, un séminaire qui me donne du plaisir, de la confrontation de mes idées, un espace vierge de code, voire insécurisant ?

Je relaie enfincette phrase de Benoit Derenne de la fondation pour les générations futures.

« A l’instar des entreprises, nos démocraties ont besoin d’un budget Recherche & Développement (R&D). Les entreprises ont compris qu’elles devaient investir du temps et de l’argent dans la R&D, sinon c’est la mort de leur activité à moyen ou long terme. Quels temps et moyens accordons-nous dans nos démocraties et organisations humaines à l’émergence de nouveaux modes de fonctionnement ? »


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