Faciliter & Improviser

Dans les premiers moments d’une journée d’atelier, je précise chaque fois que j’improvise certains exercices suivant:
– l’élan du groupe (les questions, les remarques dans les debriefings),
– ce qui émerge du groupe (ce que j’observe en tant que facilitateur, pas nécessairement formulé par le groupe) ou plus subtilement,
– mon intuition et l’inspiration du moment. Me fiant au moment présent, sur ce qui se passe, ce que je ressens, parfois même sans l’avoir conscientisé intellectuellement, je change le programme.
C’est arrivé la semaine dernière, lors d’une journée avec dix directeurs d’école, mis au vert sur le thème la dimension collective d’un projet scolaire. A la fin d’un exercice, j’ai un « blanc ». Impossible de me rappeler le prochain. Sitôt après, un exercice vient à moi: « Les mots marchés » où le participant, en cercle, marche vers quelqu’un et prononce le premier mot qui lui vient par la tête, l’autre répond spontanément par un mot, puis part à son tour en marchant. Je ne l’avais pas prévu initialement. Il n’était pas plus inscrit dans la « réserve » que je constitue habituellement. Nous sommes en début de journée, dans la phase d’échauffement, où « rien ne se passe encore ».
Cet exercice est venu véritablement à moi.. et avec force. Trois secondes passent alors pour faire un choix : je recolle à la conduite ou je prends cette nouvelle voie ? Je me lance et annonce donc « les mots marchés ». Le début est mou. Les participants trainent la patte, réfléchissent trop, cherchent « le bon mot » alors qu’il s’agit d’être spontané. Soudain, ça fait tilt ! J’interromps l’exercice et lance avec humour. « Tu marches comme un directeur d’école, perdus dans ses pensées, le menton dans la main, les yeux au sol, les épaules penchées, préoccupés par une mauvaise nouvelle à annoncer. Vous faites du théâtre mieux que moi ! ». Rires aux éclats. « Laissons maintenant ce personnage de côté, il réfléchit trop et il est pas très heureux ce matin. » Il est 10h10, la journée bascule complètement dès cet instant : les individus quittent leur habit scolaire, s’ouvrent, le collectif se construit très vite, l’atelier avance bien plus vite que d’habitude…
L’exercice des « mots marchés », déterminant, n’était pas prévu. Il n’est pas mon idée, elle m’est venue d’ailleurs, ce matin-là. J’étais seulement à l’écoute du présent et de ses messages.


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